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L’affaire d’Outreau est une affaire pénale d’abus sexuel sur mineurs concernant des faits qui se sont déroulés entre 1997 et 2000. Rennes en 2015 devant la cour d’assises pour mineurs de Rennes. Un accusé est décédé en prison en détention abusée par mon psy PDF avant le premier procès.


Angélique a 15 ans quand sa soeur jumelle meurt clans l’accident de voiture dont elles ont toutes les deux été victimes. La jeune femme s’enfonce dans une détresse insondable et, sur les conseils de sa famille, est envoyée vers un psychothérapeute. Cet homme chargé de guérir l’âme se transforme en prédateur et soumet Angélique à ses fantasmes sexuels, sous prétexte de l’emmener sur le chemin de la guérison. La jeune femme est un gibier tout trouvé : fragile, bientôt dépendante de lui, elle sombre dans un enfer de dépendance psychique et sexuelle qui durera… 17 ans. Le passage à l’acte sexuel est une transgression majeure dans le fonctionnement de la cure thérapeutique. C’est une faute morale, éthique et déontologique pénalement condamnable, mais c’est aussi une faute technique qui compromet toute amélioration et empêche toute perspective de guérison. II faudra bien du temps et des efforts pour qu’Angélique, soumise à des actes brutaux et des leurres qui l’étourdissent, retrouve des repères moins fous et s’épanouisse dans ce qui est sa voie : l’expression artistique. II lui a fallu beaucoup de courage pour oser raconter son histoire, qui a pour but d’interpeller le monde soignant et de mettre en garde les futures victimes. Pendant combien de temps encore les abus sexuels, clans le cas d’une prise en charge thérapeutique, seront-ils un sujet tabou frappé de déni et de honte ?

Les enfants de Thierry Delay et de son épouse Myriam Badaoui sont placés dans des familles d’accueil à partir du 25 février 2000, à la demande expresse de l’épouse, qui dénonce des violences de son mari. Elle se clôt en mai 2003 par une ordonnance de mise en accusation. Les enfants Delay ont également révélé la présence d’autres enfants lors de viols en réunion. Douze enfants qui maintiennent leurs déclarations seront finalement reconnus victimes et indemnisés à la suite du premier procès. Le tournage de cassettes pédopornographiques est évoqué par les enfants et plusieurs adultes, de même que la vente des cassettes tournées en Belgique. C’est ainsi un réseau pédophile international qui se serait formé autour des enfants martyrisés d’Outreau.

Une enquête est également menée concernant une petite fille de cinq à six ans, qui aurait été tuée lors d’un viol en réunion, selon la déclaration initiale d’un des mis en examen, les témoignages de Myriam Badaoui et de deux enfants Delay et le témoignage indirect d’une autre victime. Outreau , du nom de cette ville de la banlieue boulonnaise où se seraient déroulés les faits présumés. Saint-Omer, une foule impressionnante de journalistes et de curieux se précipite chaque jour des neuf semaines d’audience, pour assister au jugement des 17 accusés qualifiés de  monstres . Le procès a eu lieu dans la petite salle des assises du tribunal de Saint-Omer dont l’exiguïté a entraîné une disposition inadaptée, les victimes étant placées dans le box des accusés, alors que les 17 accusés occupaient la salle d’audience en compagnie de leurs avocats et d’une centaine de journalistes.

Quatre personnes plaident la culpabilité : Thierry Delay, Myriam Badaoui et le couple de leurs voisins de pallier : David Delplanque et Aurélie Grenon. Treize personnes, quatre femmes et neuf hommes, plaident l’innocence. 4 et 6 ans de détention pour le couple de voisins Delplanque-Grenon. Sept des treize accusés niant les faits, pour lesquels Gérald Lesigne, procureur de la République de Boulogne-sur-Mer, et avocat général à Saint-Omer, avait requis l’acquittement, sont effectivement acquittés. Les six autres accusés sont condamnés, dont quatre à des peines couvrant la détention provisoire qu’ils ont déjà effectuée. Les deux autres sont emmenés en prison pour effectuer le solde des peines prononcées, mais quelques jours plus tard, ils retrouvent leur famille, après une ultime demande de remise en liberté.

Ces six condamnés feront appel de la décision rendue à Saint-Omer. Le procès en appel de six des dix personnes condamnées en première instance se tient en la cour d’appel de Paris en novembre 2005. Son ex-mari, Thierry Delay, soutient ses déclarations. Durant l’audience, les avocats de la défense mettent en cause les expertises psychologiques, et invoquent à tort un conflit d’intérêt pour l’un des experts, Marie Christine Gryson. Cinq nouveaux experts seront nommés en urgence par le président de la cour d’assisses, qui rendront des conclusions identiques aux premiers experts sur la crédibilité des enfants.

Quelques heures après le verdict, le ministre de la Justice, Pascal Clément, donne une conférence de presse, présentant à son tour ses excuses aux acquittés au nom de l’institution judiciaire. Dix ans après son acquittement, Daniel Legrand fils comparait pour la troisième fois devant la justice dans le cadre de cette affaire, durant un procès ayant lieu du 19 mai au 5 juin 2015 devant la Cour d’assises pour mineurs de Rennes. Les parents Thierry Delay et Myriam Badaoui de leur côté disculpent Daniel Legrand fils. Daniel Legrand père étant décédé en 2012, les acquittés survivants des deux procès précédents, cités par la défense, viennent soutenir Daniel Legrand fils et relater leur « calvaire ». Assemblée nationale décide en décembre 2005, à l’unanimité, de nommer une commission d’enquête parlementaire. Comme toute commission parlementaire, cette commission a six mois pour rendre son rapport. Elle dispose d’un certain nombre de pouvoirs, dont celui de contraindre toute personne à venir témoigner devant elle.