Fabrice Hyber au palais de Tokyo PDF

Jacques Fabrice Hyber au palais de Tokyo PDF le 7 avril 2016 à la galerie G. Jacques Villeglé est né dans une famille d’ancienne bourgeoisie : la famille Mahé de Villeglé, originaire de Bretagne. De 1950 à 1954, il réalise Pénélope, film conçu par Raymond Hains qui restera inachevé. Sur les déchets des pellicules surexposées, avec de l’encre de Chine grasse, qui craquellera en séchant, Villeglé, suivant son habitude ad-hociste, fera des graffiti.


Villeglé a fait l’objet de plus de 200 expositions personnelles en Europe, en Amérique, en Asie et en Afrique. L’artiste a participé à des manifestations collectives sur les cinq continents. En 2016, une de ses œuvres, 14 juillet, décembre 1960, est présentée dans le contexte de l’exposition  Jacques Chirac ou le dialogue des Cultures  au musée du Quai Branly. Il limite son comportement appropriatif aux seules affiches lacérées. Pour lui, le véritable artiste est le  lacérateur anonyme , la collecte pouvant être effectuée par n’importe qui. Jacques Villeglé souhaite s’effacer derrière son œuvre, il aime ainsi citer André Breton disant que  un artiste doit vivre à l’ombre de son œuvre . Lors de leur première exposition chez Colette Allendy en 1957, Hains et Villeglé décident de ne pas mentionner leurs noms sur les cartels.

Dans sa dernière période Villeglé ajoutera, presque systématiquement, à ses titres, les noms des musiciens, ou d’autres éléments visibles sur les affiches restant toujours ainsi dans le domaine concret. 2008 de l’œuvre  112 bd Haussmann, 15 mars 1988  arrachée 20 ans plus tôt. En octobre 1960, Jacques Villeglé adhère au mouvement des nouveaux réalistes créé sous l’égide du critique d’art Pierre Restany. Il s’associe à ce groupe d’artistes Klein, Arman, Dufrêne, Hains, Tinguely, Spoerri, Raysse, auxquels s’ajoutent en 1961 César, Rotella, Niki de Saint Phalle, Deschamps. Ces artistes ont des pratiques très différentes mais perçoivent comme point commun une démarche d’appropriation directe du réel. Il crée donc des œuvres à partir d’affiches lacérées par des passants anonymes ou abîmées par les conditions climatiques en les décollant de leur support dans la rue.

Après avoir fait un choix dans les affiches ramassées, il opère dans l’affiche, comme un photographe, un cadrage, parfois, mais rarement, il recompose une affiche à partir de différents morceaux d’affiches, puis les maroufle sur toile et les signe lorsqu’il les cède. Montparnasse, une affiche lacérée aux couleurs éclatantes repérée par les Américains et permettra à l’artiste d’obtenir l’étiquette de précurseur du Pop Art. Jacques Villeglé se transforme en archéologue de la rue en restituant une part de la mémoire collective dévolue à l’oubli ou à la destruction. Ses sources d’inspiration se multiplient avec l’émergence et le développement de la société de consommation avec la domination progressive de la publicité. Les affiches officielles ou sauvages sont d’une grande diversité formelle avec une large palette de couleurs. Il remet en cause le statut de l’artiste et condamne le mythe de la création individuelle.