Gustave Moreau – Georges Rouault : Souvenirs d’atelier PDF

En 1898, il est nommé, selon les vœux du maître, conservateur du musée Gustave-Moreau, à Paris, dès son inauguration cette année-là. C’est pour lui une période difficile, sa famille part pour l’Algérie, et sa santé l’oblige à faire deux séjours en Haute-Savoie. Avec les peintres Henri Matisse et Albert Marquet, Georges Rouault fonde le Salon gustave Moreau – Georges Rouault : Souvenirs d’atelier PDF’automne en 1903.


Gustave Moreau (1826-1898) enseigna à l’Ecole des beaux-arts de Paris de 1892 à 1897. Georges Rouault (1871-1958) y fut son élève préféré, celui qu’il considérait comme représentant sa doctrine picturale. Cet ouvrage se propose de mettre en lumière ce qui unit les deux peintres sur le plan artistique, de confronter leur vision du paysage, de la femme, du sacré, mais aussi de montrer leur fascination commune pour la matière et la couleur. Il permet également d’évoquer, par les souvenirs de ses élèves, l’atelier de Gustave Moreau et de mieux comprendre l’enseignement libéral de celui qui se considérait comme un passeur plus qu’un professeur : «Je suis le pont (disait-il) sur lequel certains de vous passeront». Fidèle au souvenir de son maître, Rouault devint le premier conservateur du musée Gustave Moreau, fonction qu’il exerça jusqu’en 1932 et n’eut cesse de défendre sa mémoire.

Il a une influence sur le travail du sculpteur caricaturiste italien César Giris. En 1904, il fait la connaissance de Léon Bloy dont l’œuvre le touche profondément et de façon durable. Quelques années plus tard, il fréquente à Versailles le philosophe catholique Jacques Maritain. Dès 1910, les collectionneurs et les marchands reconnaissent la grande force de son œuvre, notamment Maurice Girardin ou Ambroise Vollard qui, en 1917, lui achète l’ensemble des toiles de son atelier, soit 770 œuvres. En 1938, le Museum of Modern Art de New York fait une exposition de son œuvre gravé.

En 1946, après la mort de Vollard, il se trouve en procès avec les héritiers. Le tribunal lui reconnaît la propriété de ses œuvres. Georges Rouault brûle 315 de ses tableaux en 1948 en présence d’un huissier. Il arrête de peindre en 1957. 1958, le gouvernement français lui fait des obsèques nationales à l’église Saint-Germain-des-Prés à Paris. Son prestige en tant que coloriste et graveur n’a cessé de s’étendre, notamment au Japon et en Corée. Sa famille a fait une donation d’un ensemble de ses œuvres à l’État en 1963.