L’érudition mauriste à Saint-Germain des Prés PDF

Jumièges dans le département de la Seine-Maritime. Sceau de l’abbé Du L’érudition mauriste à Saint-Germain des Prés PDF en 1417.


L’origine L’abbaye de Jumièges naît vers 654 dans une boucle de la Seine par une donation de Clovis II et de sa femme sainte Bathilde à saint Philibert. Il construit trois églises dédiées à la Vierge Marie, à Saint Pierre et à Saint Germain-Saint Denis, ainsi que d’importants bâtiments monastiques. Elle attire des abbés de premier plan comme le neveu de Charles Martel, Hugues, abbé de l’abbaye Saint-Wandrille de Fontenelle et archevêque de Rouen. Saint Philibert, formé par un disciple de saint Colomban, assidu à la prière, au jeûne, à l’abstinence, à la mortification corporelle, à la pratique de l’aumône et de l’hospitalité, nuance cette règle par celle de saint Benoît, par les textes de saint Basile et de saint Macaire, pour maintenir sa communauté dans l’ordre et la paix.

Le 24 mai 841, les Vikings incendient le monastère carolingien avant de revenir et de le piller. La renaissance Sous Guillaume Ier de Normandie dit Longue-épée, vers 940, deux moines d’Haspres se font restituer le site mais échouent dans leur essai de restauration. Il ne s’agissait pas, comme on a longtemps cru, de créer un déambulatoire, puisque des fouilles effectuées par Georges Lanfry ont montré que le chœur roman en était déjà doté. En effet, près de la moitié des 400 manuscrits dont dispose la bibliothèque date de cette période. En 1431, l’abbé de Jumièges, Nicolas Le Roux, homme qui n’était pas sans qualités, dont on avait loué la piété, la régularité, le dévouement aux intérêts de son monastère, prit une part active au procès de Jeanne d’Arc. Son avis sur la culpabilité de la pucelle trahit les anxiétés de sa conscience.

Lors de la reconquête de la Normandie vers la fin de la guerre de Cent Ans, le roi de France Charles VII prend ses quartiers d’hiver dans l’abbaye. Pendant les guerres de Religion, l’abbaye fut à nouveau mise à sac. Le 28 juillet 1563, le roi Charles IX se rendit à Jumièges et constata de ses yeux l’étendue du désastre. C’est ainsi qu’ils aliénèrent la seigneurie de Norville et la cédèrent à Charles II de Cossé, comte de Brissac, seigneur d’Ételan, pour 10 220 livres. Marian de Martinbos introduit à Jumièges la réforme de Saint-Vannes, premier essai de la congrégation de Saint-Maur et source de disputes entre réformistes et partisans du statu quo. Saint-Pierre, est reconstruite au-dessus des celliers et, en 1671, le nouveau logis abbatial est terminé puis le grand dortoir en 1732, mais l’abbaye est bien loin de son ancienne splendeur et les vocations bien rares. Ruines et sauvegarde À la Révolution, comme bien des bâtiments religieux, l’abbaye est vendue au titre des biens nationaux.

En 1802, le nouveau propriétaire, Jean-Baptiste Lefort, un marchand de bois de Canteleu, fait exploser le chœur. L’église connaît un lent démembrement et sert de carrière de pierres, comme les autres parties de l’abbaye jusqu’en 1824. Les fresques ont été effacées par l’action des éléments. La famille Lepel-Cointet rachète l’abbaye en 1852 et commence à sauver les vestiges. L’abbaye de Jumièges redevient propriété de l’État en 1947, puis propriété du département de Seine-Maritime en 2007 dans le cadre de la loi de décentralisation du 13 août 2004, qui permet de transférer certains monuments historiques aux collectivités territoriales. L’amour des lettres est étroitement subordonné au désir de Dieu.