La production des grands hommes : Pouvoir et domination masculine chez les Baruya de Nouvelle-Guinée PDF

La question de l’identité, réduite au narcissisme la production des grands hommes : Pouvoir et domination masculine chez les Baruya de Nouvelle-Guinée PDF plus nu, traverse les foules quand elles ne sont plus citoyennes. Ce constat, je l’écrivais il y a plus de deux ans. Une nouvelle preuve nous est donnée par les dérives de ce que l’on peut appeler la gauche identitaire mais aussi de certains intellectuels .


Le terme de gauche identitaire a été formulé par Alexis Carré dans une récente interview qu’il a donnée au Figaro. Pour lui, cela désigne cette frange militante qui s’inspire des idées développées aux Etats-Unis dans les années 1990. On y trouve tant des militantes d’une féminisme que l’on peut trouver extrémistes que les militants dits décoloniaux . Dans l’interview d’Alexis Carré, il s’agit donc des militants de cette nouvelle forme d’activisme qui est d’abord apparue sur les campus universitaires américains. Ce mouvement, que l’on peut appeler le progressisme identitaire et qui prétend s’inspirer des travaux de Michel Foucaud, a également engendré une stratégie électorale particulière. Celle-ci a été illustrée en France par le fameux rapport Terra Nova de 2011. Dans ce document, Olivier Ferrand, Romain Prudent et Bruno Jeanbart constataient l’érosion du soutien des classes populaires à l’égard du parti socialiste.

Ils l’avaient été avant par Fatiha Agag-Boudjahlat dans son ouvrage Le Grand Détournement dont j’ai rendu compte en novembre 2017. Cette paralysie a donc pris plusieurs formes, correspondant à des stades dans la progression de cette gauche identitaire . Dans un premier temps, comme le fait remarquer Alexis Carré ces mouvements n’ont accordé leur soutien aux partis traditionnels qu’en échange de mesures dont leurs adversaires conservateurs ne pouvaient accepter l’application sans se couper de leur base . Pour Alexis Carré, ceci fut aggravé par le langage accusateur et agressif, essentiellement anti-pluraliste, dans lequel étaient exprimées les revendications progressistes . Il faut ici faire une mise au point. Si certaines des revendications portées par cette gauche identitaire sont effectivement progressistes, une autre partie, et qui tend à devenir majoritaire, est en réalité régressive, quand elle n’est pas extraordinairement réactionnaire.

Le populisme est-il une réponse à cette gauche identitaire ? Il identifie bien les catégories qui sont frappées par le choc de la mondialisation et qui se révoltent. Mais, si ces catégories détestent les élites, elles ne font pas des migrants la seule source de leur malheur. Par contre, elles associent bien le phénomène des migrations de masse à la mondialisation qu’elles rejettent. La première tâche est de permettre à chacun de vivre chez soi. Pour cela, le candidat propose rien de moins qu’ arrêter les guerres, les accords commerciaux qui détruisent les économies locales, et affronter le changement climatique .

En associant populisme et nationalisme à extrême-droite , de plus Michel Wieviorka fait une faute, qui ne peut être attribuée à l’ignorance. Les travaux d’Ernesto Laclau ont montré les racines d’un populisme de gauche, qui s’appuie aussi sur la question nationale. Que le populisme soit par ailleurs complexe, et puisse sous certaines formes, dériver vers des structures très autoritaires, est une évidence. Mais, il n’est pas le seul à sombrer dans le fanatisme. Il faut maintenant étudier la question des mouvements identitaires religieux.