Le temple de Salomon : Mythe et histoire PDF

L’étude des mythes est la mythologie. La mythification est l’action ou le processus par lequel l’historiographie, la production artistique ou les représentations populaires considèrent, interprètent ou transforment un personnage ou un épisode historique en un mythe. Mythologie nordique : dans son char tiré le temple de Salomon : Mythe et histoire PDF ses deux boucs, Thor affronte les géants, M.


Le Temple de Salomon est une source de fascination et le point de convergence d’une immense vénération spirituelle depuis plus de trois mille ans. De ses antécédents à l’âge de bronze, sous la forme de sanctuaires transportables de tribus nomades, à ses innombrables permutations dans le judaïsme, la chrétienté et l’islam, l’idée du Temple de Salomon – lieu de communion entre Dieu et l’homme – n’a jamais cessé d’exercer sa séduction. L’édifice sacré proprement dit a été plus d’une fois détruit, la dernière en 70 apr. J.-C. par les Romains ; or la grande basilique Sainte-Sophie à Istanbul, le Dôme du Rocher à Jérusalem, le siège des Templiers et de nombreuses cathédrales médiévales furent tous conçus comme la réaffirmation symbolique de l’original – le Temple de Salomon datant du Xe siècle av. J.-C. Les magiciens du Moyen Âge pratiquèrent leur art pour assujettir les démons que l’on croyait avoir aidé à construire le Temple, et des mystiques de toutes confessions eurent la vision d’un Temple céleste, image en miroir du sanctuaire terrestre, et où les secrets divins pouvaient être révélés à l’humanité. Le Temple de Salomon : Mythe et Histoire puise aux textes sacrés et aux écrits mystiques, aux œuvres d’art, aux reconstitutions modernes et aux photographies pour révéler l’immense diversité des modes par lesquels le Temple et son emplacement sacré inspirèrent l’humanité au cours des âges. Les auteurs démêlent la part de l’érudition d’une élaboration plus spéculative du mythe moderne qu’illustre le succès auprès du public de fictions comme le Da Vinci Code de Dan Brown et Les Aventuriers de l’Arche perdue de Steven Spielberg. Leur brillant exposé ne manquera pas d’informer en même temps que d’éveiller la curiosité de tous les lecteurs passionnés d’histoire, aussi bien réelle qu’imaginée.

La part de l’iconographie dans les mythes contribue à leur succès et leur pérennité. Ils ont un lien direct avec la structure religieuse et sociale du peuple, et avec leur cosmogonie. Selon Mircea Eliade :  Il serait difficile de trouver une définition du mythe qui soit acceptée par tous les savants et soit en même temps accessible aux non-spécialistes. D’ailleurs, est-il même possible de trouver une seule définition susceptible de couvrir tous les types et toutes les fonctions des mythes, dans toutes les sociétés archaïques et traditionnelles ? Les philosophes de l’époque post-mythique, tels que Protagoras, Empédocle et Platon utilisent le mythe comme une mise en scène allégorique afin de faire percevoir leurs propos d’une manière concrète.

L’anthropologue français Claude Lévi-Strauss, offre cet avis :  Un mythe se rapporte toujours à des événements passés avant la création du monde ou pendant les premiers âges en tout cas il y a longtemps . Le spécialiste de la mythologie gréco-latine, Pierre Grimal, concède cette définition généraliste où il prend parti finalement d’accepter le mythe pour lui-même :  C’est à la Grèce que l’on doit le nom et la notion même de mythologie. Le mythe se déroule dans un temps primordial et lointain, un temps hors de l’histoire, un Âge d’Or, un temps du rêve. Le mythe cosmogonique est  vrai  parce que le monde existe. Réciter le mythe produit une re-création du monde par la force du rite.

L’exigence du sacrifice est l’un des plus puissants. La cosmogonie raconte la création du monde. Voyez par exemple le mythe de la création du monde en Égypte antique ou la légende des soleils en Amérique centrale. La théogonie raconte la naissance des dieux.

Le mythe de fondation raconte la fondation d’une communauté ou d’une ville, par exemple l’histoire des jumeaux Romulus et Rémus relatant la fondation de Rome. Le mythe eschatologique, racontant la fin de l’univers, par exemple le Ragnarök de la mythologie nordique. Voyez à Fin du monde et Eschatologie. Une réorganisation et une clarification du contenu sont nécessaires. La Théogonie d’Hésiode qui décrit la création du monde, l’histoire des dieux, la création des hommes. Dieu ne sauve qu’un petit groupe de survivants et un couple d’animaux de chaque espèce. Le mythe de Proserpine ou Perséphone, qui rend compte de l’alternance des saisons froides, stériles, chaudes et fécondes.

Mythe de l’homme Le mythe prométhéen qui dit que Prométhée apporta le feu aux hommes. Le mythe de Don Juan, repris plusieurs fois, parle d’un homme pour qui le seul plaisir réside dans la conquête et la séduction des femmes. Mythe de création d’une institution Le mythe d’Hiram, architecte du Temple de Salomon, dont se réclament les sociétés maçonniques et les Compagnons du Tour de France. Le roman  néo scientifique  d’Alfred Jarry, Gestes et Opinions du Docteur Faustroll, pataphysicien, dont se réclame le Collège de ’Pataphysique. En Inde, les sacrifices aux dieux les font monter au ciel et ils abandonnent les hommes.

Mythe des gens de caverne repris dans le Coran, et racontant l’histoire à la fois fascinante et douloureuse de certains précurseurs croyants du christianisme, qui furent persécutés et s’enfuirent à une caverne pour s’y abriter. Le commentateur Toula Vassilacou-Fassea soutient qu’Aristote pense que le mythe est digne d’être respecté, mais qu’il ne fait pas avancer la science. De nos jours, les principaux représentants des religions monothéistes, comme ceux des néo-païens, n’éprouvent aucune difficulté à considérer que certains aspects de leurs textes sacrés relèvent du mythe. Ces derniers prospèrent même dans de nouvelles formes que sont les mythes urbains et les mythes modernes, bien que leur portée ne soit pas à mettre sur le même plan que les mythes fondamentaux des sociétés passées. L’approche comparatiste montre que chaque ère culturelle produit les archétypes qui seront utilisés en tout ou en partie puis embellis et complétés dans les mythes de chacune de ces civilisations. Quelques-uns d’entre eux survivent à la civilisation qui leur a donné naissance par le recyclage littéraire ou théologique.