Pour l’Art : Eclipse et renouveau PDF

Les ouvriers travaillent dans la ville basse, manipulant des machines nuit et jour, dans le seul but d’assurer le bonheur des bourgeois de la ville haute. Dans l’histoire du cinéma, aucune œuvre n’a pour l’Art : Eclipse et renouveau PDF autant de transformations que Metropolis. Le film de Fritz Lang avait nécessité deux ans de travail.


L’art contemporain n’est ni art ni contemporain. Ce syntagme fait occuper la place de l’art tout court par le non-art. Une rhétorique habile est déployée pour présenter comme arriéré ou réactionnaire quiconque ne s’en laisse pas conter car les intérêts à ménager sont considérables. Comment et Fa s’est accomplie cette résistible ascension de la barbarie ? Le joug que celle-ci exerce ne peut être secoué en murmurant dans son coin que le roi est nu. Aucune nouveauté n’apparaîtra sans notre concours actif. Il faut réfuter le relativisme avant-gardiste en débusquant les sophismes subjectivistes, nominalistes, historicistes qui en constituent le soubassement. Ce discours justifie le n’importe quoi en invoquant l’impossibilité de dire ce qu’est l’art. Kostas Mavrakis en donne pourtant une définition qui englobe ses métamorphoses depuis le commencement du monde. Il établit à cette occasion qu’il n’y a pas d’art sans critique, ni de critique sans critères. Ainsi sont posées les pierres angulaires d’une esthétique générale et d’une esthétique picturale afin de frayer le chemin du renouveau. On le voit, Kostas Mavrakis ne se limite pas à déplorer la maladie qui ronge et désarme notre civilisation, il en dégage les causes et en fournit les remèdes ou, du moins, les outils conceptuels nécessaires à leur recherche. S’il est vrai, comme le disait Dostoïevski, que le monde sera sauvé par la beauté, il importe aujourd’hui plus que jamais de s’engager pour l’art.

Le déploiement technique et financier avait éclipsé tout ce qui avait été imaginé, au point que Metropolis mena la société U. Avec ce projet colossal, les producteurs espéraient de gros bénéfices et un succès commercial international. C’est à l’initiative de la Fondation Friedrich-Wilhelm Murnau qu’une reconstruction a été à nouveau entreprise. Les archives du monde entier ont été « pillées » afin de toucher au plus près l’œuvre imaginée par Fritz Lang et sa femme, Thea von Harbou.

Bien évidemment, l’œuvre présentée ici ne constitue qu’une version synthétique. Approchons-nous l’œuvre de janvier 1927 ? Un mystère que Fritz Lang a emporté dans la tombe. Lorsque j’ai lu pour la première fois le manuscrit de Thea von Harbou, j’ai tout de suite compris que le travail qui m’attendait allait de très loin dépasser mes précédentes réalisations » déclara Fritz Lang.

Metropolis la futuriste ne pouvait qu’être le fruit de l’imagination, car il n’existait pas de style moderne qui exprime la complexité de cette mégalopole. Fritz Lang joue avec la symbolique religieuse. Derrière chaque pan de la ville, chaque habitant se cache une métaphore. A ces références bibliques, le maître allemand ajoute la psychanalyse, une forme de pendant à la spiritualité. Relation au père et à la mère, complexe d’Œdipe tourmentent Freder et les personnages principaux : Fredersen, Maria et Rotwang. Le sacré qui est incarné par Maria est bafoué par Fredersen et le savant fou Rotwang.