Récits de frontière PDF

Pour rejoindre Londres et plus tard Casablanca, une seule voie semblait alors possible : franchir les Pyrénées et traverser l’Espagne en s’appuyant sur des réseaux constitués pour les plus chanceux, au hasard des événements pour l’immense majorité. Tous connurent alors pour de longs mois, internement, prisons, camp de concentration, sévices de tous ordres, faim, maladies et parfois l’épuisement et la mort. Demain, vous serez libres, tous ! Mensonges délibérés mais dans le coeur des prisonniers demeurait la folle certitude de la bataille à venir, de la bataille qui les verrait un jour revenus les récits de frontière PDF à la main participer à la libération du sol natal.


Les pays de frontière se révèlent des observatoires privilégiés pour étudier le jeu des appartenances. Le pays de Gex a une histoire marquée par la relation avec Genève, l’influence française, les conflits et la convoitise dont il a été l’objet. « Récits de frontière » incite à aller à la rencontre d’un pays riche, complexe, ouvert et tolérant.

Catalyseur de leurs peines comme de leurs espérances, de leur internement comme de leur combat, ce « Manana » est devenu le symbole même de leur évasion de France : marque d’union, il figure sur l’insigne qu’ils portent. La traversée des Pyrénées commence dès 1940 mais c’est à partir de Novembre 1942, date marquée par le débarquement des troupes alliées en Afrique du Nord entraînant l’invasion de la France entière par les troupes allemandes, que le rythme des passages et les périls encourus s’intensifient. La zone frontière devenue zone interdite dans sa totalité est sillonnée sans cesse par les patrouilles allemandes, des agents doubles se sont infiltrés parmi les passeurs, les embuscades en montagne se soldent chaque fois par la mort et la déportation en Allemagne : les Évadés capturés y rejoignent certains de leurs prédécesseurs malheureux que trop souvent après les avoir internés, les Espagnols ont remis aux autorités allemandes. 4 000 d’entre eux, accidentés en montagne, abattus ou déportes auront payé de leur vie le rêve qu’ils avaient fait.

Ces pages sont consacrées aux Evadés de France par l’Espagne, durant la seconde guerre mondiale. Elles ont été réalisées grâce à la précieuse collaboration de Monsieur A. Combattants Volontaires Evadés de France par l’Espagne. LEMAIRE m’a transmis plusieurs documents et récits que j’ai le plaisir de vous présenter ici. Ils choisirent la périlleuse aventure du passage des Pyrénées pour l’honneur de servir .

C’est une amère désillusion qui s’abat sur ceux qui ont réussi et pensent avoir conquis après le passage de la ligne des crêtes une amorce de liberté et de réussite : ils sont arrêtés en masse sur le versant espagnol et traités aussitôt avec la plus extrême brutalité. L’Evadé de France est considéré comme un terroriste et traité comme tel. Il va dès lors connaître un régime carcéral et concentrationnaire qu’il n’avait jamais imaginé. La discipline est féroce, les coups de crosse pleuvent à la moindre incartade, certains jours au petit matin, on va jusqu’à le contraindre à assister aux exécutions de prisonniers politiques espagnols avec promesse que son tour viendra demain, en tout cas bientôt. Dans cet univers, pour survivre et la rage au coeur, on échange ses vêtements et objets personnels contre de la nourriture.

Cependant, Stalingrad tombe en hiver 1943 et l’Espagne qui sent tourner le vent de la guerre devient peu à peu perméable à l’idée d’un élargissement des prisonniers. Prenant le relais de l’Ambassade de Grande-Bretagne, les services de la Croix-Rouge à Madrid s’y emploient. Echangés contre du blé, des phosphates et des matériels divers dont l’Espagne a le plus grand besoin, les Evadés de France vont être regroupés en convois et, par le Portugal d’abord, Malaga, Algésiras et Gilbraltar ensuite, acheminés vers Londres et surtout Casablanca. 23 000 d’entre eux s’engagent aussitôt dans les Forces Françaises qui réorganisées, dotées en matériel moderne, réentraînées de façon intensive, vont devenir les Armées de Libération. Lorsque l’Allemagne capitule, le serment est tenu, le but ultime atteint, mais terrible est aussi l’impôt du sang : 9 500 d’entre eux ont donné leur vie lors des combats de la Libération, 4 000 autres, à nouveau combattants volontaires, mourront pour la patrie sur les sols de Corée, d’Indochine et d’Algérie. Peu d’anciens combattants auront payé un aussi lourd tribut à l’Histoire de France. Croix du Combattant volontaire de la Résistance et de la Médaille de l’Internement pour faits de Résistance.

Inspirés par une conviction profonde, l’Amour de la Patrie et de la Liberté, blessés dans leurs corps comme dans leur âme, ils s’inscrivent dans l’immense lignée de ceux qui, au cours de la longue histoire de notre Pays, ont fait du culte de l’honneur une vertu nationale. Oubliés des historiens parce que peu nombreux, ils n’en furent pas moins le fer de lance de l’Armée Française, retrouvée et victorieuse aux côtés des Alliés. Ils s’appellent les Évadés de France. Monument aux Evadés de France devant la Mairie du 16e Arrondissement de Paris. France, est désormais disponible en DVD. Une page du Livre des merveilles du monde de Marco Polo.

Paru en 1298, le livre qui a rendu Marco Polo mondialement célèbre est  le premier récit de voyage écrit en français qui donne une vision d’ensemble de la Perse, de l’Asie centrale et de l’Extrême-Orient. Le livre a été rédigé sous la dictée de Marco Polo par Rustichello de Pise, écrivain italien de langue française célébré pour ses compilations de romans courtois. Il fut donc le premier éditeur du livre de Marco Polo. Cette version, qui est la plus sobre, incorpore de nombreuses corrections de l’auteur.