Terres de Castanide : Hommes et paysages du Châtaignier de l’Antiquité à nos jours (Géographie) PDF

Un article de Wikipédia, terres de Castanide : Hommes et paysages du Châtaignier de l’Antiquité à nos jours (Géographie) PDF’encyclopédie libre. Diagramme de l’anatomie d’un gland : A.


De tous ceux qui peuplent nos pays, le châtaignier est certainement le moins  » naturel  » des arbres. Sa culture a sans doute Ré imaginée dans le Caucase et a gagné pendant l’Antiquité l’Europe occidentale où il poussait déjà à l’état sauvage. Grâce à une sélection méthodique de ses meilleures variétés, il a été littéralement  » domestiqué  » à la fin du Moyen Age et à l’époque moderne. Consommés sous diverses formes, ses fruits _ d’une grande valeur nutritive _ compensèrent longtemps les fréquents déficits céréaliers d’un monde souffrant d’un trop-plein d’hommes et vulnérable aux moindres variations climatiques.

Jouant jusqu’au siècle dernier, en de nombreuses régions d’altitude moyenne au sol pauvre, un rôle fondamental dans l’économie rurale (bien qu’on en ait rarement pratiqué la monoculture), il est a l’origine de paysages très typés _ dont il ne reste plus de nos jours que des traces _, et son bois a connu de multiples usages _ en particulier les échalas des vignes et une quantité d’objets de la vie quotidienne.

On peut donc à bon droit parler d’une  » civilisation du châtaignier  » qui possède des traits communs en Galice, en Toscane, dans le Trás-os-Montes portugais, en Corse, dans les Cévennes, l’Auvergne et le Limousin: une civilisation à l’imaginaire très riche et dont la disparition entraîne aujourd’hui des nostalgies un peu trop oublieuses de son caractère éphémère à l’échelle des siècles.

L’histoire du châtaignier en Europe et des hommes qui l’ont fait et en ont vécu n’avait jamais été entreprise. La voici retracée, d’après l’observation sur le terrain et la consultation des archives, avec la perspicacité que confère à l’historien des paysages la connaissance _ propre au géographe _ du pragmatisme des activités humaines devant les sols et les climats.

Né en 1949, 3Jean-Robert Pitte, agrégé de géographie, est maître de conférences à l’université de Paris Jorbonne. Auteur de plusieurs ouvrages sur la Mauritanie, il s’intéresse également depuis une dizaine d’années à tous les problèmes historiques liés à l’interaction des hommes et du milieu: il a ainsi publié en 1983 un livre très neuf sur l‘Histoire du paysage français.

Le gland est le fruit du chêne. Les jeunes chênes ne produisent pas de glands, et les productions annuelles dites  glandaies  sont chez le chêne particulièrement irrégulières, ce qui peut avoir des répercussions sur la santé des populations de sangliers ou d’autres animaux se nourrissant de glands. Fruits de loin les plus abondants des forêts de basse altitude en Europe occidentale, ils produisent à intervalles irréguliers des glandées d’une abondance parfois prodigieuse, ce qui explique qu’autrefois, on menait les cochons manger les glands en forêt, mais cette activité était réglementée ou taxée, plus ou moins selon les régions. Glands de chêne vert avec leur cupule. Sur le plan botanique, le gland est un akène, c’est-à-dire un fruit sec indéhiscent ne contenant qu’une seule graine.

Le gland est riche en amidon et fait partie de la nourriture habituelle des sangliers et des écureuils. Turquie et en Grèce, Albanie, Algérie, Chypre et Crète. Leurs cupules, de la taille d’une pomme, sont récoltées après deux ans de maturation. Compte tenu de sa bonne résistance aux incendies, le chêne pubescent est avec le chêne vert une des principales espèces de chêne utilisées pour les reboisements artificiels. Pour le semis de reboisement, mieux vaut cueillir les glands plutôt que les récolter au sol. Les glands se conservent au frais et à l’humidité dans du sable pendant deux mois. L’idéal est de planter dès la récolte dans un trou de 30 cm ameubli en tous sens.

Pour la plantation en masse, on peut utiliser une canne à semer. 20 cm de côté à mailles de 1 cm. Celui-ci pourra être laissé en place et se dégradera avec le temps. La méthode utilisée par les Indiens Yosemite consiste dans un premier temps à enlever la coquille et la peau des glands. Ensuite les glands sont broyés en farine. L’eau et les tanins s’écoulent à travers le linge. Pour passer dans le moulin à café, les glands doivent être bien secs.

Les glands à faible teneur en tanins sont appelés des  glands doux . Quercus virginiana dont les Indiens extraient une huile de cuisine. Avant la domestication des céréales productives comme le blé, on consommait des glands, châtaignes et fruits des bois. La sédentarisation opposa forêt et civilisation.

Quercus rotundifolia, serait la seule de l’espèce à avoir de gros glands doux toujours très consommés comme des châtaignes notamment en Turquie. Les Indiens d’Amérique préféraient les glands de chêne non doux aux glands de chêne doux car ils se conservent mieux. En Amérique du Nord, la souris à pattes blanches jouerait, devant le Tamia, le rôle le plus important pour la croissance et diffusion ou le maintien de cette zoonose. Or les bonnes glandaies favorisent les Tamias et souris, dont les populations augmentent alors, au profit des larves de tiques qu’elles nourrissent plus facilement, en étant plus nombreuses, ceci d’autant que la chasse et le piégeage, ou des empoisonnements par pesticides, collisions avec les véhicules, etc.

Une partie des glands subit une décomposition et participe à la formation de l’humus. Dans L’Âge de glace et ses suites, l’écureuil Scrat est obsédé par les glands, qu’il tente, par tous les moyens, de cacher dans un endroit sûr, au prix de nombreuses péripéties, ce qui donne lieu à de longues suites de gags récurrents. Dans Mon voisin Totoro, les Totoros récoltent des glands. La journée, pendant que le grand Totoro dort, les deux plus petits ramassent des glands et les stockent dans des pots qui se trouvent sous les racines d’un grand camphrier. Dans L’Homme qui plantait des arbres de Jean Giono, Elzéard Bouffier plante 100 glands par jour. Définition de balanophage – Encyclopædia Universalis , sur www. Pierre Lieutaghi, La plante compagne : pratique et imaginaire de la flore sauvage en Europe occidentale, Conservatoire et jardin botaniques de la ville de Genève, 1991, p.