Théâtres contemporains. Mythes et idéologies PDF

Faire avec ses mains ce que l’on voit, voilà la loi souveraine. Rodin devant Théâtres contemporains. Mythes et idéologies PDF Porte de l’Enfer se reflétant dans un miroir. Pas d’au-delà, ni de spéculation sur lui, la sculpture est sans au-delà, ici, ici-même.


Crise de l’intermittence, épuisement d’un « théâtre d’art de service public », lassitude face à la posture souvent ressentie comme hégémonique du « maître en scène » : vivons-nous dans une époque hostile au drame ?
Oui, si l’on en croit la tendance théorique dominante du « postdramatique », et si l’on considère le « drame » dans son acception étymologique, comme représentation d’une « action », et par conséquent comme possibilité même d’une action du théâtre sur la société. Allant dans le même sens, l’opinion commune, y compris chez les spécialistes, tend à embaumer les arts de la scène en les opposant aux industries culturelle et au divertissement de masse – discours louable qui se présente comme une défense, mais dont on voit bien de quelle manière il risque d’enterrer vivant le théâtre en le mettant « hors-jeu ».
Le constat de crise ne suffit pas, non plus que l’appel au renouveau d’un ludisme et des traditions du tréteau. Encore faut-il observer les propositions scéniques contemporaines afin de discerner d’où vient la déstabilisation de normes en grande partie figées par les routines du service public culturel, et quelles sont les nouvelles formes de confrontation scénique de l’œuvre et de la vie à même de réactiver la fonction sociale du théâtre.

Votre apparition en ce monde a moins de réalité qu’un livre ou une statue vivante. Rodin, en pleine expansion du nihilisme, a retrouvé de lui-même la voie dérobée. Philippe Sollers, La Porte de l’Enfer d’Auguste Rodin. Le sculpteur se met aussitôt au travail.

Son expression est lapidaire au bon sens du mot. Quand il décrit un personnage, il campe avec son attitude et son geste. J’ai vécu un an entier avec Dante, ne vivant que de lui et qu’avec lui, dessinant les huit cycles de l’enfer. Pierre Choumoff, Rodin et Henriette Coltat devant la Porte de l’Enfer, à Meudon. La Porte de l’Enfer occupera Rodin jusqu’à la fin de sa vie, soit pendant plus de trente ans.

La Porte de l’Enfer fut-elle jamais « achevée » ? Lorsqu’on fait remarquer à Rodin que sa Porte est inachevée, il répond : « Et les cathédrales, elles sont finies ? Rodin a sous les yeux pendant dix-sept ans. Il sera restauré en juillet-août 1917 quelques mois avant la mort du sculpteur. Troisième maquette de La Porte de l’Enfer, 1880. Il est intéressant de rappeler que Rodin a d’abord intitulé cette figure magistrale Le Poète en pensant à Dante.

Ce n’est qu’en 1889, lors de l’exposition Monet-Rodin, que son nom deviendra Le Penseur. Le Penseur est perçu comme « un hommage au peuple et un symbole de la démocratie ». Rodin, c’est l’ouvrier quelconque, anonyme, inconnu, le premier d’entre les prolétaires, dont l’artiste a exagéré encore, selon les exigences et les manies de son art, la grossièreté native. Il symbolise la société égalitaire et la république intégrale.